B.P.
Le "Détective" breveté Faissat (Coll. B. Plazonnet).Ci-dessous et page suivante, le travail du photographe préparant un cliché (Edit CCCC Cognac).
Jean Faissat s’établit dans son atelier, rue Basse-Comédie, et commence à commercialiser sous sa marque des appareils montés à partir de pièces estampillées dont certaines sont brevetées à son nom. Il répare, et fournit l’administration, à la demande. Il vend aussi du matériel photographique. En 1893, il profite d’une occasion pour s’installer rue du Clocher, une rue de Limoges où nombre de photographes (et de libraires-éditeurs) viendront "poser leur pied". Son affaire est en pleine expansion, il signe des clichés à tour de bras et a soif de pratiquer son art : le constructeur devient un photographe renommé.
Porté par l’immense essor technologique de ce siècle finissant, Jean Faissat comprend vite que la carte postale illustrée d’une photographie est pleine d’intérêt – y compris commercial –, qu’elle existe grâce au photographe et qu’il dispose des atouts pour asseoir son activité professionnelle. Pourtant, il reste à résoudre le problème technique de transfert des images. Faissat n’a pas l’intention de se limiter à la production artisanale au bromure; il est décidé à développer une production industrielle mais il n’est pas imprimeur et ne dispose ni des connaissances ni des fonds pour le devenir.
La carte postale illustrée d’une photographie de Limoges naît en 1898. Le photographe Jean Faissat a appris son métier chez les frères Henry, boulevard de Fleurus, bien avant l’arrivée de Tesson. Faissat est avant tout un "constructeur mécanicien" qui fabrique et assemble des appareils pour la photographie. Il va de soi que ce métier "d’art" requiert une solide connaissance des techniques de prise de vues et de révélation de la photo. En 1899, après l’incendie de l’atelier Henry, qui met au chômage tous les employés, "parmi les ouvriers que cet accident jeta sur le pavé, il s’en trouva un qui eut cette idée que, le procédé au gélatino-bromure était accessible à tout le monde et, étant encore à ses premiers débuts, il devait être possible, dans l'état du marché d'alors, à un ouvrier qualifié d'exploiter pour son propre compte une fabrication d'appareils photographiques." (M. LACHENAUD, Les débuts de la photographie à Limoges : 1889-1894).
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